La Renault 30 TX n’est pas simplement une berline des années 1970. C’est la voiture qui a ramené le six-cylindres chez Renault après quatre décennies d’absence, avec une architecture mécanique que peu de constructeurs français osaient à l’époque. Comprendre ses performances techniques, c’est saisir pourquoi elle reste un repère dans l’histoire de l’automobile hexagonale.
Moteur PRV de la Renault 30 TX : une coopération industrielle rare
Vous avez déjà entendu parler du moteur PRV ? Ces trois lettres désignent un V6 conçu ensemble par Peugeot, Renault et Volvo. Ce type de collaboration entre constructeurs concurrents reste un cas presque unique dans l’industrie automobile.
Concrètement, le moteur de la Renault 30 TX est un V6 monté en porte-à-faux avant, entraînant les roues avant. C’est ce qu’on appelle une traction avant à moteur V6, une configuration qui posait de vrais défis d’équilibre et de tenue de route à l’époque. Le poids du bloc, concentré devant l’essieu, imposait un travail spécifique sur les trains roulants.
La version TX se distingue de la TS par son alimentation par injection, apparue en 1978. L’injection remplace les carburateurs et améliore à la fois la réponse moteur et la régularité de fonctionnement. Pour le conducteur, cela se traduit par des reprises plus franches et une consommation mieux maîtrisée à vitesse stabilisée.
Avant d’aller plus loin, on peut noter que les services de Clean Auto Metz détaillent ces caractéristiques techniques de manière complémentaire pour les passionnés du modèle.

Renault 30 TX et silhouette bicorps : un choix technique assumé
Dans les années 1970, les grandes berlines adoptent presque toutes un profil tricorps : un capot, un habitacle, un coffre bien séparé. Renault fait un choix différent avec la R30. Sa carrosserie bicorps prolonge le pavillon jusqu’à un hayon arrière incliné.
Pourquoi ce choix ? Le bicorps offre un volume de chargement modulable nettement supérieur. En rabattant la banquette, la R30 TX se transforme en grande routière capable d’avaler des bagages qu’une berline classique ne pourrait pas accueillir. C’est l’héritage direct de la Renault 16, pionnière du genre.
La ligne signée Gaston Juchet privilégie la rondeur là où la Peugeot 604, lancée la même année avec le même moteur PRV, opte pour des arêtes anguleuses. Ce parti pris esthétique divise à l’époque, mais il vieillit plutôt bien.
Différences entre Renault 20 et Renault 30
Les deux modèles partagent la même carrosserie de base. La R30 se reconnaît à sa calandre à quatre phares ronds et à un niveau d’équipement plus cossu. En termes de motorisation, la R20 se contente de quatre cylindres sur la majorité de ses versions, tandis que la R30 TX embarque exclusivement le V6 PRV à injection.
Statut véhicule de collection pour une Renault 30 TX : ce que cela change
Une R30 TX a aujourd’hui plus de quarante ans. Elle peut donc prétendre au statut de véhicule de collection, à condition de remplir certains critères précis. Ce statut modifie concrètement la vie quotidienne du propriétaire.
Pour l’obtenir, il faut que le modèle ne soit plus produit depuis au moins trente ans, que la voiture n’ait pas subi de modifications importantes et qu’une attestation soit délivrée par la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque), suivie d’une démarche auprès de l’ANTS.
Voici ce que ce statut apporte en pratique :
- Un contrôle technique tous les cinq ans au lieu de deux ans, ce qui allège le calendrier d’entretien administratif
- Une dérogation possible de circulation dans les ZFE (zones à faibles émissions), selon la réglementation locale en vigueur
- Certaines tolérances adaptées à l’âge du véhicule lors du contrôle, même si les organes de sécurité (freins, direction, suspensions, structure) restent examinés normalement

Modifications techniques et perte d’éligibilité
Un point mérite une attention particulière. Toute modification majeure peut compromettre l’accès au régime collection. Un remplacement du moteur par un bloc non conforme, une transformation du châssis ou une refonte du système de freinage suffisent à rendre la voiture inéligible, même si elle ressemble toujours à une R30 TX d’origine.
En clair, conserver l’authenticité mécanique n’est pas qu’une question de purisme. C’est une condition administrative.
Vérifier une Renault 30 TX avant achat : au-delà de la mécanique
Sur un modèle de cet âge, l’examen mécanique classique ne suffit pas. La R30 TX a longtemps traîné une réputation de sensibilité à la corrosion. Les points à surveiller vont donc bien au-delà du moteur.
- La lisibilité des numéros de châssis et de moteur est vérifiée lors du contrôle technique : des numéros illisibles ou altérés posent un problème administratif sérieux
- Le rapport HistoVec permet de confronter le kilométrage déclaré lors des contrôles précédents à l’état réel du véhicule
- L’état de la structure porteuse, des longerons et des passages de roue révèle l’historique réel de corrosion, souvent masqué par des traitements cosmétiques
La traçabilité administrative compte autant que l’état mécanique sur ce type de véhicule. Un dossier incomplet ou incohérent rend la revente difficile et peut bloquer l’immatriculation collection.
Assurance et usage quotidien
Avec une carte grise collection, les contrats d’assurance diffèrent des formules classiques. Ils prennent en compte un usage limité (pas de trajet domicile-travail, kilométrage annuel plafonné selon les assureurs). En contrepartie, les tarifs restent généralement plus bas que pour un véhicule standard de même cylindrée.
La Renault 30 TX incarne un moment précis de l’ambition industrielle française : un V6 né d’une alliance entre trois constructeurs, logé dans une carrosserie qui refusait les conventions de son époque. Ses performances techniques s’apprécient mieux quand on mesure les contraintes que ses ingénieurs ont dû résoudre, et son statut de collection offre aujourd’hui un cadre concret pour la conserver sur la route.



