Le plus célèbre, le plus styliste et sans doute le plus grand des auteurs
de romans noirs est né à Chicago. Mais il quitte l’Amérique à 8 ans, dans
les jupons de son irlandaise de mère, divorcée, qui décide de partir en Angleterre.
Chandler est donc élevé dans les "public schools" anglaises jusqu’en 1905.
Il s’échappe ensuite une année en France, pour ses études de commerce, et visite
l’Allemagne. De retour en Angleterre, il prend la citoyenneté anglaise, histoire de
pouvoir entrer dans l’administration. Effectivemement, il intègre bientôt le ministère
de la Marine. Où il s’ennuit à mourir. Après à peine huit mois à gratter du papier,
il démissionne. Et retourne aux Etats-Unis en 1912. Il participe à la Première guerre
mondiale en France en mars 1918, puis se fixe définitivement en Californie où il
Finit par décrocher un boulot d’administrateur de compagnies pétrolières indépendantes.
Il est viré en 1932. Il copine trop avec la bouteille. Cette fois, l’envie d’écrire, qui le
titille déjà depuis fort longtemps, prend le dessus. C’est en lisant la revue de pulps
Black Mask qu’il tombe sous le charme du genre. Disons qu’il voit également là un
moyen de gagner de l’argent qui en vaut bien un autre. Car il ne faut pas croire que
notre bonhomme considère le roman noir comme triste sous litérature.
Au contraire. Chandler est avant tout un styliste, et il s’échine à forger le sien
en réécrivant jusqu’à plus soif des nouvelles de deux auteurs en
vogue à l’époque : Dashiel Hammett et Earle Stanley Gardner. En 1933, il sort
enfin sa première nouvelle dans Black Mask : Les Maîtres chanteurs ne tirent plus.
Il faut attendre six ans de plus pour qu’arrive son premier roman, Le Grand Sommeil,
avec son privé désabusé Philip Marlowe. Chandler de toute façon n’est pas
hyperproductif. Il soigne, peaufine, colle des bouts d’intrigues piochées parfois
dans ses anciennes nouvelles, et se concentre encore et toujours sur l’écriture.
On ne compte d’ailleurs dans son oeuvre que huit romans, dont le dernier inachévé.
La plupart de ses romans seront adaptés par Hollywood, où Chandler devient
aussi scénariste. Il travaille notamment sur Assurance sur la mort de
Billy Wilder (1944) et L’Inconnu du Nord-Express d’Alfred Hitchcock (1950).
Mais l’usine à rêves ne le fascine guère ("Les bons scénarii sont presque aussi rares à
Hollywood que les vierges"). Lucide, habitué des cuites, il poursuit son oeuvre
en réfléchissant aussi sur le roman policier (voir son traité, L’Art d’assassiner en 1944).
Il meurt d’une pneumonie en mars 1959. (polars.org)
ses romans:
- 1939 : Le Grand sommeil (The Big Sleep), traduit par Boris Vian
- 1940 : Adieu ma jolie (Farewell, My Lovely)
- 1942 : La Grande fenêtre (The High Window)
- 1943 : La Dame du lac (The Lady in the Lake) traduit par Boris et Michèle Vian
- 1949 : Fais pas ta rosière (The Little Sister)
- 1954 : Sur un air de navaja (The Long Goodbye)
- 1958 : Charade pour écroulés (Playback)
Avec J.H.Chase, Peter Cheney, Dashiell Hammett, David Goodis,W.R.Burnett,
Horace mac Coy, James Cain , William Irish,D.Henderson Clarke ,Chester Himes,
Ed Mc Bain etc.
Il fait partie des livres que j'ai dévoré et que j'ai relu pour certains 3/4 fois !
Les 50 ans de sa mort sont l'occasion de le remettre en mémoire.
.
Voir les 3 commentaires - Par philippe charpentier

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